A PLACE TO STAY

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Débarquer dans un pays étranger où l’on ne connaît personne, et devoir trouver à se loger tous les soirs pendant un an, avec un budget limité… Ouuuh c’était pas gagné d’avance! Mais ça s’est fait, et voilà quelques astuces qui pourraient vous intéresser si vous prévoyez de partir sur la route.

  • Les sites d’hébergement gratuits
    Le top du top.
    Que ce soit warmshowers.org ou couchsurfing.com, le principe est simple: être hébergé sans frais pour une ou plusieurs nuits par des particuliers. Ces derniers sont souvent des voyageurs, ayant déjà bénéficié ou prévoyant de bénéficier d’un hébergement via ces sites, mais peuvent aussi être simplement des personnes souhaitant rendre service et entendre de jolies histoires.

    J’envoyais une demande généralement 3-4 jours avant d’arriver, ce qui laisse le temps aux hôtes de s’organiser. Demander plus longtemps à l’avance est inutile: les gens ne savent pas forcément ce qu’ils font dans 2 semaines… Seule exception, les grandes villes. Voulant y rester un peu plus longtemps (en moyenne 5 à 7 jours), je m’y prenais plus tôt, afin de ne pas me retrouver à la porte et de devoir payer une semaine d’hôtel. Au départ, je ne demandais qu’à une seule personne à la fois, et quand j’obtenais une réponse négative ou pas de réponse du tout, je demandais à quelqu’un d’autre. Je me suis rendu compte qu’il était trop hasardeux de procéder ainsi, car il vaut mieux avoir deux réponse positives (et expliquer, à contre cœur, qu’un autre personne a déjà accepté…) que de se retrouver sans rien au dernier moment.

    La différence entre les deux est que WarmShowers est réservé aux cyclotouristes, tandis que Couchsurfing est ouvert à tout type de voyageurs. Et ça fait une grosse différence.

    Je n’ai pas de mots pour exprimer à quel point je suis ravi d’avoir connu WarmShowers, tant les gens qui m’ont hébergé étaient tous plus géniaux les uns que les autres. Le site n’est certes pas aussi soigné que son cousin (il faut dire que, contrairement à Couchsurfing, il n’y a pas de publicité, donc moins de moyens…), mais il est assez simple, et c’est ce qui fait son charme. On voit précisément où les hôtes se situent sur la carte, ce qui est extrêmement pratique lorsque chaque kilomètre dans les cuisses compte, et une liste de ce que chacun propose (lit, nourriture, douche, uniquement un endroit pour camper, etc.).
    Les hôtes répondent presque toujours aux demandes (en positif ou en négatif, mais au moins on est fixé, contrairement à Couchsurfing où on reste souvent sans nouvelles). Le gros avantage est que les hôtes savent, pour l’avoir expérimenté eux même, ce que c’est de voyager à vélo. Qu’on arrive épuisé et affamé, et qu’on a besoin d’une bonne douche et d’un gros dodo, et qu’on a pas forcément envie de parler jusqu’à pas d’heure. C’est bien entendu un immense plaisir de partager nos expériences de voyage autour d’un bon repas, mais la fatigue prends vite le dessus, on est généralement invité à aller se coucher. Les hôtes WarmShowers sont très ouverts d’esprit, ils ont vraiment été le haut du gratin dans l’ensemble des personnes que j’ai pu rencontrer pendant mon voyage. En un an, je n’ai eu quasiment aucune expérience négative.wsCouchsurfing c’est bien, je ne vais pas dire le contraire. Mais c’est différent. Il est difficile de se rendre compte de ce que c’est de voyager à vélo tant qu’on ne l’a pas fait. Les hôtes (qui reçoivent aussi des gens se déplaçant en voiture et recherchant juste un hébergement gratuit) sont souvent distants, si ce n’est absents. J’ai eu quelques expériences sympathiques, entre un homme m’accusant de lui avoir volé un « composant musical » et un autre me faisant dormir dans un lit à la propreté plus que douteuse. Seule la ville de résidence est indiquée sur, et selon la ville, on peut être amené à faire de gros détours. Maaais bon voilà, je ne vais pas me plaindre, c’était gratuit, et ça m’a permis de faire des rencontres atypiques. Le site est plus soigné et moderne, et l’application mobile est vraiment pratique.
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  • Airbnb
    Un peu le même concept, sauf que c’est payant, et que les hôtes ne sont pas forcément présents. Je ne l’ai jamais utilisé, mais des cyclistes rencontrés sur la route le faisaient et en étaient satisfaits.
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  • Le camping payant
    Déjà, ce n’est pas gratuit. Et qui dit Etats-Unis dit pas gratuit du tout… Le prix d’un emplacement dans un camping atteint facilement les 40$, par exemple pour la chaîne KOA, qu’on soit tout seul avec sa tente qui occupe 2m² de pelouse, ou en famille dans un immense camping-car à l’américaine. Pour réduire le prix, j’essayais de partager mon emplacement avec d’autres voyageurs, mais encore faut-il en trouver qui acceptent.Les State Parks et les National Parks proposent des prix plus attractifs; certes la qualité des installations n’est pas la même, mais est amplement suffisante. La palme revient aux parcs de Californie, qui disposent d’emplacements « hiker/biker » (pour randonneurs et cyclistes) à 5$.
  • Le camping gratuit
    Aaaah!! Voilà une chose intéressante!
    Après y avoir passé 4-5 nuits, on se rend compte qui quitte à dormir dans sa tente, il est plus rentable de ne pas payer pour ça. Choisir un camping payant est la solution de facilité (et parfois la seule solution disponible), mais chercher un emplacement gratuit « à l’arrache » est tellement plus palpitant! Me la jouant à la Antoine de Maximy, je toquais aux portes et disais: « Bonsoir! Je suis français et je fais le tour des Etats-Unis à vélo. Je cherche un endroit pour dormir ce soir… J’ai une tente, pensez-vous qu’il serait possible de la planter sur votre terrain pour la nuit, et de repartir demain matin? ». Il faut être patient. Mais vraiment. Parce que je m’en suis pris des gros « Non! » avec la porte qui claque au nez. Mais c’est toujours pour le mieux, car la bonne personne qu’on était sensé rencontrer ce soir là finit par se montrer, et va même jusqu’à proposer un lit et un repas à la place!

    Il faut un peu se forcer à aller vers l’autre et ça vaut le coup, car c’est de cette façon que l’on rencontre les gens les plus originaux, de l’indien Navajo bourré qui se chauffe en laissant son four ouvert, au redneck raciste au possible, qui attend que Trump vienne sauver l’ Amérique de sa décadence… Les hôtes WarmShowers ont beau être fantastiques, ils ne sont malheureusement pas représentatifs de l’ensemble des Américains, et il me fallait aussi rencontrer ces gens là pour que mon expérience soit complète.

    Quand on ne trouve vraiment personne, la solution bord de route s’impose: un peu bizarre au début, mais on s’y habitue vite.

    Un Américain avec qui j’ai pédalé le long du lac Érié au début du voyage m’a appris une philosophie made in USA: « It’s better ask forgiveness than for permission » (« Il vaut mieux demander le pardon que la permission »). Et c’est vrai. Aux Etats-Unis, si tu demandes, on te dit non (notamment pour des raisons de liability: les Américains se faisant des procès pour un rien, les gens préfèrent ne pas prendre de risque qu’il nous arrive quelque chose sur leur terrain et qu’on porte plainte contre eux). Donc si tu veux faire quelque chose, tu le fais, quitte à t’en excuser par la suite (dormir sur un plage, un parc public…). Attention toutefois à la notion de propriété privée: mieux vaut passer une nuit blanche que de se retrouver avec des trous dans la peau (vive le 2nd amendement!)…

    Un très bon plan pour les cyclotouristes est de demander à camper sur le terrain d’une église (notamment les United Methodist Churches, très accueillantes), ou d’une caserne de pompiers, ou bien d’utiliser les National Forests, où il est autorisé de camper n’importe où (à ne pas confondre avec les National Parks, où on s’expose à une belle amende en cas de camping sauvage).

    Enfin, parmi les lieux improbables où je suis resté, je dirais que le placard à balais d’un camping fermé dans le Yellowstone, le sol d’une église dans un village Navajo du Nouveau-Mexique, ou encore l’arrière d’un camion de déménagement en Floride m’ont fait réaliser la chose suivante:

    Quoi qu’il arrive, il y a toujours un endroit pour dormir.P1000662

  • L’hôtel
    Sur la route, les fonds sont limités, donc l’hôtel c’est vraiment en dernier recours. Les premiers motels doivent être à 50$, je ne sais pas exactement, puisque je n’y suis jamais allé. Enfin… Je n’ai jamais payé pour aller à l’hôtel, moi on m’y invite!!J’avais demandé à mon hôte à Santa Clara dans l’Utah s’il connaissait quelqu’un pour me loger sur Page, en Arizona. Un ami à lui y était justement manager d’un hôtel. Je me suis imaginé rester dans un motel miteux, et peu m’importait, puisque c’était gratuit. A mon arrivée, j’ai compris que je m’étais trompé: LE magnifique hôtel surplombant le Lake Powell, avec une chambre bien trop luxueuse pour moi et jacuzzi presque privatif puisque nous étions en janvier. Ça sert d’avoir des contacts!

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