OUEST: Bayonne > Brest

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En cette année 2020 marquée par la pandémie de COVID-19, je décide de m’attaquer à la façade Atlantique de la France. Je serai accompagné de Jérôme, l’ami de la faculté de Médecine avec lequel j’ai déjà fait Bilbao – St Jacques. Nous remonterons la Vélodyssée, c’est à dire la portion française de l’Eurovélo 1, une route cyclable qui permet de traverser l’Europe du Nord au Sud. Nous ne finirons pas à Roscoff mais à Brest, où je travaille désormais.
Pour la première fois, j’utiliserai un vélo à cintre courbe: le Croix de Fer 20 de la marque Genesis. Il s’agit d’un vélo « gravel », à savoir plutôt typé pour les sentiers roulants.

  • 11 septembre 2020: Bayonne > Hossegor
    Distance: 30km
    Nous nous rendons à Bayonne en train, masqués mais motivés. Le top départ est donné au pont Saint-Esprit de Bayonne, direction le pont de Recouvrance à Brest. Une épopée de pont à pont, qui commence par une petite étape d’échauffement.
  • 12 septembre 2020: Hossegor > Sainte-Eulalie-en-Born
    102km (depuis le début: 132km)
    Fini l’échauffement! Nous traversons la forêt des Landes sur une piste cyclable de très bonne qualité. Nous nous arrêtons dans un camping situé au nord de Mimizan, et nous passons la nuit dans un « campétoile », petite cabane en hauteur depuis laquelle on peut s’endormir en contemplant la voûte céleste.
  • 13 septembre 2020: Sainte-Eulalie-en-Born > Lanton
    106km (238km)
    La piste se poursuit dans la forêt jusqu’à la Dune du Pilat, sous un soleil de plomb. COVID oblige, il y a un sens de circulation pour que les personnes qui y montent et qui en redescendent ne se croisent pas. Notre hôte Warmshowers du soir nous rejoint là bas, et nous faisons ensemble la route jusqu’à chez lui. Petite particularité : il pilote un vélo couché, et tracte dans une petite carriole son chien qui ne le quitte jamais.

  • 14 septembre 2020: Lanton > Soulac
    117km (355km)
    La forêt commence à se faire plus discrète. La piste cyclable que nous empruntons est bien plus étroite et en mauvais état. Une personne que nous rencontrerons plus tard sur le trajet nous expliquera qu’elle fut créée par les Allemands durant l’occupation, afin de se rendre rapidement en moto entre les différents blockhaus de la côte.
  • 15 septembre 2020: Soulac > Saint-Denis-d’Oléron
    108km (463km)
    Dès le lever, pas le temps de traîner ! Nous nous lançons dans un contre-la-montre pour attraper le bac qui permet de traverser la Gironde. Celui-ci ne passant que toutes les 1h30, il valait mieux ne pas le louper.
    Sitôt arrivés côté Royan, les paysages changent radicalement. Les pins laissent la place aux cabanes de pêcheurs sur pilotis, et à leurs filets carrés, les carrelets.
    Nous empruntons le tracé de la 10ème étape du Tour de France 2020, entre l’île d’Oléron et l’île de Ré, passée par là tout juste une semaine auparavant.
  • 16 septembre 2020: Saint-Denis-d’Oléron > La Rochelle
    105km (568km)
    Arrivés à bout de force au bout d’Oléron la veille, nous nous réveillons sous un épais brouillard. Celui-ci ne se dissipera qu’en fin de matinée. Passé les fermes ostréicoles, nous rejoignons le continent et nous gagnons Rochefort par son pont transbordeur. Nous passons voir l’Hermione, réplique de la célèbre frégate de Lafayette.

  • 17 septembre 2020: La Rochelle > L’Houmeau (repos)
    8km (576km)
    Première pause bien méritée! Nous en profitons pour visiter le centre de La Rochelle, et je m’accorde une dégustation iodée. Nous changeons de logement pour la nuit : 8km pour faire tourner un peu les jambes.
  • 18 septembre 2020: L’Houmeau > Saint-Gilles-Croix-de-Vie
    140km (716km)
    Cette journée de repos nous aura été profitable, puisque nous enchaînons les kilomètres sans trop de difficulté. Nous avions prévu de camper aux Sables d’Olonne, célèbre port d’attache du Vendée Globe, mais voilà qu’une fois arrivés, nous apprenons qu’un logement est disponible à Saint-Gilles, 30km plus loin… Le compteur affiche déjà 110km, mais tant pis, dormir au chaud et au sec, ça n’a pas de prix! Et quand en plus cela permet d’assister à un coucher de soleil mémorable, alors…
  • 19 septembre 2020: Saint-Gilles-Croix-de-Vie > Bouin
    103km (819km)
    Deuxième île du séjour, nous nous rendons à Noirmoutier et ses marais salants. On y accède au sud par un pont, mais lorsque l’on désire s’éviter un détour, il est possible d’emprunter le passage du Gois pour continuer à remonter la côte continentale. Celui-ci est littéralement au niveau de l’océan, et n’est ouvert que 1h30 avant et après le niveau le plus bas de la marée. Pas le temps de traîner donc. Nous parvenons de justesse à le traverser, au moment où les pêcheurs à pied commençaient à remballer coquillages et crustacés, mais sous une flotte terrible. Nous nous abritons dans un bar. Quoi de mieux que des huîtres pour accompagner un bon chocolat chaud?
    La journée se termine au sec, dans un camping à la ferme.
  • 20 septembre 2020: Bouin > Nantes
    113km (932km)
    Nous rejoignons l’embouchure de la Loire au niveau du pont de Saint Nazaire. Nous la remontons ensuite jusqu’à Nantes, en suivant un moment le canal de la Martinière, agréable mais sacrément droit!
  • 21 septembre 2020: repos
    Visite de la ville des canaris aujourd’hui au programme.
    Historiquement en Bretagne, Nantes, ou plutôt « Naoned », n’en est sortie qu’à la moitié du XXème, lors de la réorganisation administrative du territoire. La Loire Atlantique, alors « Loire Inférieure », fait aujourd’hui partie de la région Pays de la Loire, mais certaines voix s’élèvent pour la réunification d’une Bretagne à cinq départements.
    Le « voyage à Nantes » est un événement culturel incontournable. Chaque été, des dizaines d’oeuvres urbaines éphémères sont exposées en ville. Elles sont sensées être retirées quand vient la fin de l’exposition, mais il arrive qu’une oeuvre puisse être conservée, si les nantais s’y attachent particulièrement. Une ligne est tracée au sol pour être sûr de n’en manquer aucune!

  • 22 septembre 2020: Nantes > Redon
    106km (1038km)
    Nous décidons de suivre le canal de Nantes à Brest pour nous rendre vers notre destination finale.
    C’est Napoléon 1er qui en est à l’origine. En effet, les arsenaux de Brest et Lorient étant bloqués par l’Angleterre en guerre, la décision est prise de les relier à Nantes et Saint Malo par une voie d’eau intérieure. La construction de ses 360km se déroulera de 1805 à 1842, essentiellement par des prisonniers de guerre espagnols et des bagnards français. Mais la paix est signée avec l’Angleterre, et le canal ne présente plus d’intérêt militaire… C’est le commerce qui devient alors prépondérant : les bateliers utilisent des chevaux pour le halage des péniches jusqu’à l’apparition des premiers moteurs. Mais celui-ci décline avec le développement du transport routier, et la construction du barrage de Guerlédan en 1923 sonnera le glas. Le canal est aujourd’hui surtout dédié au tourisme, puisque les navigateurs amateurs et les cyclotouristes se croisent dans un ballet incessant.
  • 23 septembre 2020: Redon > Pontivy
    117km (1155km)
    La piste est en bien meilleur état sur cette section que sur celle de la veille. La monotonie des paysages est entrecoupée par le passage d’écluses, et par quelques gouttes de pluie. Ça se gâte…
  • 24 septembre 2020: Pontivy > Plonévez-du-Faou
    103km (1258km)
    Journée de l’horreur. Pluie, grêle, vent de face, boue, froid… Un concentré de tout ce qu’on redoute en vélo. Mais bon, après la chaleur écrasante des Landes, il fallait bien que ça finisse par arriver ! Nous décidons de sortir du canal et de suivre la route, pour aller se mettre au chaud plus rapidement.
  • 25 septembre 2020: Plonévez-du-Faou > Brest
    102km (1360km)
    Nous retrouvons le canal pour ses derniers lacets et nous arrivons à Brest en fin d’après-midi, en passant entre les gouttes. N’oubliez pas, en Bretagne il fait beau plusieurs fois par jour !

    La Vélodyssée nous aura réservé de très belles surprises! Assez plate dans son ensemble, ce n’est que dans les deux derniers jours que nous avons dû affronter nos premières côtes. Elle se découpe assez clairement en trois parties: la forêt des Landes, jusqu’au bac de Soulac, le littoral charentais et vendéen, que j’ai le plus apprécié, et le canal de Nantes à Brest, paisible mais assez monotone.
    L’expérience du cintre courbe a été un succès, même si j’y ai trouvé un confort moindre qu’avec un cintre droit classique. Je pourrais renouveler l’expérience avec ce type de vélo pour des voyages de courte durée comme celui-ci, mais je pense que j’opterai pour un cintre droit si je dois repartir sur la route au long cours.
    Kenavo !

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