PARTIE 3: Bilbao > Santiago de Compostela

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Avec Jérôme, un ami de la fac de Médecine. 9 jours de vélo, 881 km.

  • 20 juillet 2019: Bus Toulon > Bilbao   +   Bilbao > Getxo
    Distance: 16 km (Depuis le début: 1 218 km)
    14 heures de bus depuis Toulon (plus 6 pour Jérôme qui venait de Besançon), autant dire qu’en arrivant, ce n’était pas la grande fraîcheur. Mais pourtant, nous sommes bien obligés de pédaler jusqu’à Getxo, n’ayant pas trouvé d’hôtes Warmshowers dans Bilbao même.
  • 21 juillet 2019: Repos
    Nous nous remettons du trajet de la veille en retournant à Gaztelugatxe, alias Dragonstone dans Game of Thrones. En effet, il est possible en été de prendre un bus au centre ville de Bilbao pour de se rendre sur place pour une somme dérisoire. La visite du lieu en lui même est gratuite, mais devant l’affluence de touristes, il est préférable de réserver sa venue sur internet.
    Nous visitons le musée Guggenheim, véritable symbole de la mutation de Bilbao, autrefois ville industrielle et aujourd’hui tournée vers le futur.
  • 22 juillet 2019: Getxo > Noja
    80 km (1 298 km)
    Nous traversons le pont de Biscaye, pont transbordeur comme il en existait un à Marseille avant que celui-ci ne soit détruit par les Allemands en 1944. Nous longeons la côte de Cantabrie et nous apercevons que le relief est particulier: des petites montées raides à 7-8% sur 500 mètres, puis descente sur 500 mètres, puis rebelote, de telle sorte qu’on ne récupère jamais vraiment de son effort.
    Nous nous arrêtons dans notre première auberge pour pèlerins. Pendant toute cette troisième partie, nous n’auront été hébergés en Warmshowers qu’à Getxo! Il faut dire qu’il y a énormément de cyclistes qui empruntent cette route, et peu d’hôtes disponibles. Mais les auberges se sont avérées parfaites; pour en moyenne 10€ la nuit en dortoir, on peut vraiment décompresser et parler avec d’autres pèlerins (et en bonus avoir un mec qui ronfle à côté de nous). Il est par contre indispensable de montrer sa créanciale, véritable passeport du pèlerin, pour prouver que l’on est bien sur le chemin de Compostelle, et non pas simplement que l’on cherche un logement bon marché. La créanciale est tamponnée à l’accueil de l’auberge, et c’est l’ensemble des tampons qui prouvera une fois arrivés à Saint-Jacques que nous méritons d’avoir le « diplôme » certifiant que nous avons terminé le pèlerinage, la « Compostelle ».
  • 23 juillet 2019: Noja > Quevada
    95 km (1 393 km)
    Nous voulions passer par le Palacio de la Magdalena, résidence de vacances de la famille royale espagnole, tout au bout de la presqu’île de Santander. Mais comme vous pouvez le voir sur la carte, il a fallu faire un détour plutôt immense, et par la zone industrielle de Santander… le parc tout autour était magnifique, ça valait le coup!
    Nous apprivoisons le climat de la côte, où le soleil peut très vite laisser place à une épaisse brume.
  • 24 juillet 2019: Quevada > San Esteban de Leces
    103 km (1 496 km)
    La côte nord de l’Espagne est le paradis des surfeurs… Tous les 5 km, une nouvelle plage et ses camping-cars venus de toute l’Europe pour en affronter les rouleaux!
  • 25 juillet 2019: San Esteban de Leces > Aviles
    104 km (1 600 km)
    Petite étape de montagne (dans le brouillard) avant de prendre une journée de repos.
  • 26 juillet 2019: Repos
  • 27 juillet 2019: Aviles > Navia
    101 km (1 701 km)
    Enorme pluie pendant toute la matinée. Au moins, on ne s’attarde pas et on progresse rapidement. Nous traversons par hasard le village de Querúas, qui célébrait ce jour là la Santa Ana. La pluie s’arrête juste pour nous laisser manger au sec, face à des falaises majestueuses, comme en comptent beaucoup les Asturies.
  • 28 juillet 2019: Navia > Vilalba
    108 km (1 809 km)
    Nous sortons des Asturies pour rentrer en Galice, dernière communauté autonome de notre périple. La route s’élève dans les collines, et nous montre à côté des maisons de curieuses constructions, les hórreos. Ces derniers servaient traditionnellement au stockage des céréales après la récolte, en particulier le maïs. Composés d’une chambre étroite et en longueur, ils laissent passer l’air en restant isolés du sol pour protéger le grain de l’humidité et des rongeurs. Rien à voir avec les biscuits au chocolat donc.
  • 29 juillet 2019: Vilalba > Sergude
    74 km (1 883 km)
    Après leur arrivée à Santiago, la majorité des pèlerins continue son trajet jusqu’au cap Finisterre, considéré comme le bout du monde au Moyen-Age (littéralement, là où se finit la Terre). Les marcheurs prennent ensuite un bus pour rentrer à Santiago, puis chez eux. Mais en vélo, c’est plus compliqué: comme à chaque fois, il est impossible de prendre un bus sans le mettre dans un carton. Comme le village de Finisterre était relativement petit, il était fort possible que nous ne trouverions pas de magasin de vélo pour nous céder des boîtes. Et puis il était hors de question de faire Saint-Jacques – Finisterre un jour, et la même route en sens inverse le lendemain.
    Nous décidons donc de quitter le Camino del Norte, d’aller d’abord à Finisterre par le Nord de la Galice, et de revenir ensuite sur Saint-Jacques pour finir. Inquiets de savoir si notre périple serait bien validé, on nous répond que tant que l’on fait faire deux tampons par jour sur les 200 derniers kilomètres, il n’y a aucun soucis. En avant donc!
  • 30 juillet 2019: Sergude > Finisterre
    114 km (1 997 km)
    Nous pédalons non sans peine à contresens du vent qui balaye la Galice. Ce n’est bien sûr pas un phénomène exceptionnel; chaque colline des alentours est surmontée de dizaines d’éoliennes.
    Enfin nous arrivons au cap Finisterre!! La tradition veut que l’on dépose sur un poteau un objet que l’on a porté pendant tout la trajet, pour symboliser les leçons tirées du voyage, en particulier se détacher de tout ce qui est matériel. Certains déposent une coquille Saint-Jacques, d’autres un bracelet… nous optons pour des rustines. Nettement plus original.
    Aux pieds du phare de Finisterre, une borne représente le kilomètre zéro, là où s’arrête la route. Il ne nous reste plus qu’à rentrer sur Santiago.
  • 31 juillet 2019: Finisterre > Santiago de Compostela
    86 km (2 083 km)
    Même si ce ne fut pas la plus belle des étapes, on pouvait sentir l’excitation monter à mesure que l’on se rapprochait de notre destination. La cathédrale se dessine finalement: après
    2 083 km depuis La Farlède, je peux maintenant dire que je suis allé jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle en vélo!
  • 1, 2 et 3 août 2019: Repos puis retour en avion
    Passage obligé par l’office des pèlerins, juste à côté de la cathédrale, pour obtenir le fameux sésame, la « Compostelle ». Tout contents, nous attendons que l’on nous appelle au guichet. Nous tendons notre créanciale, et la personne examine nos tampons. Elle finit par demander « Mais vous êtes d’abord passés par Finisterre? ». Nous expliquons nos motivations, le problème du bus avec les vélos, et tout et tout… Elle nous regarde l’air embêté et nous répond « Vous êtes sortis du chemin officiel, je ne peux donc pas vous donner la Compostelle ». Coup de massue. « Comment ça?? On a demandé explicitement si on pouvait sortir de la route, et on nous a répondu que oui, à condition de tamponner deux fois par jour la créanciale ». « On vous a mal renseigné, ce n’est pas possible. Au revoir ».Dans le bureau, combien de personnes obtiennent leur Compostelle alors qu’ils n’ont fait que les 100 derniers kilomètres? Et moi, avec 2000 km je n’y aurais pas le droit, simplement pour être sorti des sentiers battus? Certes je n’ai commencé à faire tamponner ma créanciale que cette année à Bilbao, tout simplement parce que je n’en connaissait pas le principe avant. Mais au moins les 881 km depuis Bilbao étaient largement suffisants… L’injustice absolue.

    Je sors de l’office dégoûté. Mais soudain, je me souviens de la rustine laissée à Finisterre. Certes je n’ai pas eu le document que je méritais. Mais n’est-ce pas là le comble du matérialisme? Je sais que j’ai fait le Chemin, je n’ai pas besoin d’un bout de papier pour me le rappeler. Et ceux qui n’en ont parcouru que les derniers kilomètres, en ont-ils seulement compris le message?

    Saint-Jacques dispose d’un petit aéroport qui permet de rentrer chez soi via une correspondance. Ce n’est certes pas l’option la plus écologique, mais c’était soit ça, soit 26h de bus… A noter que si Santiago comporte de nombreux magasins de vélo, aucun n’a voulu nous céder de boîte gratuitement. Il est vrai qu’il ont beaucoup de demandes mais… business is business.

    Le premier avion à destination de Barcelone a survolé la côte nord de l’Espagne; par le hublot, nous avons pu revivre à l’envers ce trajet fantastique que nous avons fait.

    Et tant pis pour le bout de papier, l’essentiel est ailleurs.

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