PRESENTATION: Le Chemin de St Jacques

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Le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est unique à bien des égards. Apparu au cours du Moyen-Age, il rassemble des pèlerins venus du monde entier. Même si c’est à l’origine un pèlerinage catholique, nombreux sont ceux qui, comme moi, on choisi de le faire pour le défi sportif avant tout. Mais qu’on le veuille ou non, ce chemin est rempli d’une certaine spiritualité qui invite à la réflexion et à l’introspection; un cheminement intérieur en somme.
Il existe en réalité plusieurs chemins, menant tous à Santiago de Compostela.

  • Histoire
    Selon la tradition, l’apôtre Jacques quitta le Proche-Orient au Ier siècle avec pour mission de prêcher la parole du Christ en Occident, jusque dans la péninsule Ibérique. De retour en Palestine, il aurait été décapité sur ordre d’Agrippa Ier, dernier roi juif de Judée. Ses compagnons recueillirent sa dépouille, et la transportèrent en bateau vers l’ouest, guidés par un ange. L’embarcation franchit le détroit de Gibraltar avant de s’échouer sur les côtes de Galice. L’emplacement du tombeau aurait été perdu jusqu’au IXe siècle.

    C’est vers 813 que, toujours selon la légende, l’ermite Pelagos le retrouva. Ayant eu une révélation pendant son sommeil, il aurait été guidé par une « pluie d’étoiles » jusqu’à l’emplacement d’un tumulus, au sein d’un cimetière datant de l’époque romaine. L’endroit aurait été rebaptisé campus stellarum (« champ des étoiles »), à l’origine de la future Compostelle. Informée, l’Église locale déclare qu’il s’agit du tombeau de l’apôtre Jacques, mais sans en apporter la preuve formelle. Le roi Alphonse II décida d’édifier une église dédiée à Saint Jacques et abritant ses reliques, à l’endroit même de cette découverte.

    A partir du Xe siècle, le pèlerinage se met en place. Nous sommes alors en pleine Reconquista, c’est à dire la reconquête par les royaumes chrétiens d’Al-Andalus, les terres occupées par les musulmans en péninsule ibérique. Les marcheurs ne peuvent donc pas passer trop au Sud, ni trop au Nord, où ils risqueraient de subir les attaques de guerriers Normands. C’est ainsi qu’apparaît une route « officielle », plus sûre, le Camino Francés.

    Un temps délaissé, le pèlerinage de Compostelle renaît à la fin du XIXe siècle, pour réunir aujourd’hui plus de 300 000 pèlerins par an, avec un pic de fréquentation en juillet et août.

  • L’hébergement et la créanciale
    A l’origine, les pèlerins étaient souvent dans l’extrême pauvreté, et logés gracieusement dans les paroisses ou par les habitants rencontrés sur le chemin. Aujourd’hui, les choses ont bien changé puisque c’est un véritable business qui s’est créé autour du pèlerinage. On reste néanmoins dans un esprit d’entraide, les places en auberge excédant rarement les 10€.

    Le plus souvent, il s’agit de dortoirs de 15 à 20 places, parfois jusqu’à 40 ou 50 dans les grandes villes. On a accès à la douche, aux toilettes, au lave linge et parfois à la cuisine. Certains gîtes proposent aussi le dîner et le petit-déjeuner. Il n’est pas obligatoire de réserver à l’avance, mais en période de forte affluence, c’est peut être la solution la plus sûre. Se faire refuser l’accès après une journée sous la pluie peut être assez… contrariant! Mais en prenant ses précautions, je pense qu’il est possible de trouver une auberge pour chaque soir. Porter sa tente n’est selon moi que du poids superflu.

    Attention toutefois, tout le monde n’a pas accès aux auberges. Il faut montrer à l’entrée sa créanciale, véritable passeport du pèlerin, pour qu’elle y soit tamponnée, seule façon de prouver que l’on fait bien le Chemin de Compostelle, et que l’on ne recherche pas simplement un hébergement bon marché. Il est possible de se la procurer dans une paroisse, ou auprès d’associations de pèlerins de Compostelle. A noter que si vous ne dormez pas en auberge, vous pouvez la faire tamponner dans n’importe quelle église, restaurant ou même bar-tabac que vous croiserez, l’essentiel est de prouver vos points de passage. Outre l’objet souvenir par excellence, la créanciale est indispensable à votre arrivée à Santiago pour prouver votre trajet à l’office des pèlerins, situé près de la cathédrale.

    On vous remet alors un « diplôme », la « Compostelle », intégralement écrite en latin, que vous pourrez fièrement rapporter chez vous. La condition sine qua non est d’avoir parcouru au moins les 100 derniers kilomètres à pied, ou les 200 derniers kilomètres à vélo ou à cheval, ou enfin 100 milles nautiques, si vous prenez le Camino Inglés par exemple. Et cela, EN NE CHANGEANT PAS DE CHEMIN! Et oui sinon ça serait trop marrant, donc interdiction de suivre ses envies de sortir des sentiers battus. Comme raconté dans la Partie 3, je n’étais pas au courant de cette subtilité, je suis sorti du chemin officiel, et on n’a pas voulu me remettre la Compostelle. Rageant quand on a fait non pas 200 mais 2000 km en vélo. D’autant plus que la Compostelle est reconnue en Espagne comme un vrai diplôme que l’on peut inscrire à son CV, et que nombre de « pèlerins » font uniquement les 100 derniers kilomètres pour obtenir le précieux sésame. C’est la vie.

  • Les chemins
    Comme expliqué plus haut, le Camino Francés est le chemin historique pour Saint-Jacques, emprunté par 60% des pèlerins. Mais bien d’autres chemins existent dans la péninsule ibérique, notamment le Camino del Norte que j’ai privilégié, ou encore la Vía de la Plata, le Camino Portugués, etc.
    Pour les pèlerins venant de France ou de pays d’Europe plus à l’Est, quatre grandes voies existent:
    – la via Turonensis (1 448 km), partant de Paris et passant par Tours.
    – la via Lemovicensis (1 691 km), partant de Vézelay et passant par Limoges.
    – la via Podiensis (1 530 km), partant du Puy-en-Velay.
    – la via Arelatensis (1 588 km), partant d’Arles, également nommée via Tolosana car passant par Toulouse.

    Les trois premières se rejoignent à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est pourquoi cette ville est souvent choisie comme point de départ par les pèlerins. Elle se situe à 800 km de Santiago. Mais la ville qui symbolise véritablement la réunion de tous les chemins est Puente la Reina du côté espagnol (à 700 km de Santiago).
    Une fois arrivée à Santiago, la majorité des pèlerins continue son trajet jusqu’au cap Finisterre, considéré comme le bout du monde au Moyen-Age (littéralement, là où se finit la Terre), avant de rentrer chez elle.
    Certaines portions de ces chemins sont en fait des routes goudronnées, que nous avons pu prendre en vélo. Mais dès que le chemin devenait impraticable, nous suivions la route principale. La direction est indiquée par des flèches jaunes, ou même par de simples coquilles posées au sol.

< Camino de Santiago

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